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Fabrication de lait liquide et de produits frais CODE NAF 15.5A

 

Introduction du secteur, faits marquants de l’année

Préambule :

Cette fiche regroupe lait de consommation et produits ultra-frais. Elle rassemble deux types de produits dits frais dont les marchés, les opérateurs, et les marges, sont très différents.

LE LAIT DE CONSOMMATION est un produit globalement assez banalisé autour du lait UHT demi-écrémé, produit par deux opérateurs à plus de 80%, Sodiaal (marque Candia, le leader), et Lactalis, un challenger qui progresse rapidement avec sa marque Lactel. La valeur ajoutée réalisée par les opérateurs est faible, bien que les récentes segmentations de produits commencent à changer le statut d’un produit longtemps considéré dans la grande distribution comme produit d’appel. La « débanalisation » est en cours, mais encore insuffisante.

LES PRODUITS ULTRA-FRAIS, laits fermentés divers, fromages frais et desserts laitiers, sont très diversifiés, moins concentrés au plan des opérateurs même si Danone dispose de près de 35% des parts de marché de « marques », devant Lactalis-Nestlé, Yoplait, Senoble, Novandie et Maître Laitiers du Cotentin. La valeur ajoutée réalisée est bonne même si les prix de vente ont plutôt stagné. L’innovation produits est principalement le fait du leader, Danone, avec des produits dits « santé », tels Actimel, Danacol, Activia, Essensis.

Tendances internationales

En lait de consommation, produit pondéreux par excellence, les échanges internationaux, hormis en Europe, sont faibles. Le lait de longue conservation a partout pris des parts de marché, plus ou moins dominantes selon les pays. La tendance est au renforcement de son leadership car la chaîne du froid n’est pas nécessaire pour son stockage.

En produits ultrafrais, les échanges européens sont nombreux. Au plan mondial, vient en tête Yoplait grâce à ses franchises dans 50 pays. Les entreprises françaises sont à la pointe de l’innovation. Leurs innovations s’appuient, surtout pour Danone, sur une tendance santé dont le potentiel semble considérable avec une focale particulière pour les pays émergents, la Chine au premier rang.

Tendances du marché français

1 - Lait de consommation

Les fabrications annuelles sont toujours en baisse (3.707 milliards de litres soit - 1,1 % par rapport à 2005) et le solde export-import diminue (502 Ml contre 531 Ml en 2005). La consommation globale du lait liquide conditionné est en léger recul sur l’année 2006.
Le marché français du lait a reculé de 1,2% sur 2006, mais les laits spécifiques (supplémentés, aromatisés ou de croissance) poursuivent leur développement avec + 9% et atteignent une part de marché de 9%.
Le lait UHT demi-écrémé, consommé par 90% des Français à raison de 87 l/ménage/an, est en baisse de 10l/an sur 2001. En 10 ans les sommes dépensées par un ménage acheteur de lait UHT demi-écrémé sont passées de 57 à 54 euros par an. En revanche, les dépenses des ménages achetant du lait de croissance sont passées de 43 à 59 euros sur la même période .
En 2006, le prix moyen du litre de lait s’établissait à 0,69 €/L.
La bouteille plastique multicouches prend rapidement des parts de marché à la brique carton-aluminium avec 33,1% en 2006, soit + 8,1% sur un an, contre 61,7% pour la brique qui recule de 6,4% .
L’innovation concerne 15 nouveaux produits en 2006 contre 8 en 2005.
Les investissements publicitaires, réalisés à plus de 70 % par Candia et Lactel, se montent à 22,6 M€ en 2006.

2 - Produits laitiers ultrafrais

Avec des fabrications en légère hausse (1,4 % en 2006/2005) à 2.692.000 t (yaourts 1.545.000 T, desserts lactés frais 595.000 t, fromages frais 552.000 t), ces produits continuent de bénéficier de l’intérêt du consommateur en alliant plaisir-santé, avec toutefois des différences entre la progression des desserts lactés de 1 %, la stabilité des fromages frais et le léger recul des yaourts de 0,2 %. La progression globale en volume est de 0,3 %.
L’évolution des dépenses consacrées aux produits ultrafrais en 2006/2005 est en légère baisse (-0,7 %), conséquence d’une baisse globale des prix du même ordre. La part des produits ultrafrais dans les dépenses consacrées aux produits laitiers est de 33,6 % en 2006.
Au sein du marché français des 3 familles de produits qui composent l’ultrafrais, parmi les laits fermentés, les probiotiques et les produits à boire progressent de plus de 9 % sur un an ce qui correspond aux attentes de santé et de praticité du consommateur.
L’innovation a permis le lancement de 78 produits en 2006 contre 96 en 2005.
En règle générale, le secteur entre dans une phase de maturité, avec un haut niveau de consommation des laits fermentés où l’innovation est seule en mesure de faire progresser significativement le marché. Les investissements publicitaires ultrafrais, avec 229,2 M€ sur 2006, sont de loin les plus les plus importants du secteur laitier, mais enregistrent une baisse pour la seconde année consécutive.

Tendances du marché en Europe et autres pays

La consommation humaine apparente de lait de consommation dans l’UE s’échelonne de 6,6 l/habt en Roumanie à près de 178 l/habt en Finlande, la France et l’Allemagne étant respectivement à 61,3 l et 64,3 l en 2006.
Malgré les innovations-produits multiples, la tendance est plutôt à une baisse régulière d’ensemble de la consommation européenne au profit des produits laitiers frais et des fromages plus variés en goût et et pouvant satisfaire plus aisément de nouveaux modes de consommation.
En 2005, l’UE à 25 a produit 32 milliards de litres de lait de consommation (stable).
Les exportations de lait liquide se montent à 882 Ml, principalement en direction de l’Italie et de l’Espagne, contre des importations de 380 ML en provenance principale de Belgique et d’Allemagne .
La consommation humaine apparente de laits fermentés dans l’UE à 25 en 2006 s’échelonne de 4,5 kg/habt en Roumanie à plus de 46 kg aux Pays-Bas, alors que la consommation est de 34,7kg en France, et de 30,9 kg en Allemagne.
Comme en France la tendance du marché est ferme, avec une marge de progression sans doute considérable pour les probiotiques et tous les produits-santé.
En 2006, les entreprises françaises ont exporté 360,000 t de produits ultrafrais.

Structure du secteur en France

1 - Lait de consommation 2006

En France, deux groupes se partagent plus de 75 % du marché :
-  Sodiaal, leader avec Candia, dispose de 16,6 % de PDM, et d’une forte implantation en MDD et Premier Prix, renforcée par la reprise de Orlait le n°3 du secteur.
-  Lactalis, avec Lactel dispose de 12,2 % de PDM et réalise également un grand volume en MDD et Premier Prix.
Les MDD réalisent 40,2 % des PDM du secteur ce qui indique que l’effort de débanalisation en cours du lait de consommation doit se poursuivre pour retrouver de la valeur ajoutée.

Les acteurs régionaux, GLAC (n°3 national après la reprise de Toury), Comalait,Verneuil, Alsace-Lait et Onetik, commercialisent sous marques régionales, MDD et Premier Prix.

2 - Produits laitiers ultrafrais 2006

En France, on trouve 6 acteurs dominants :
-  Danone, incontesté n°1 mondial avec près de 33 % des parts de marché (PDM),
-  Lactalis, n°2 français,avec environ 15 % des PDM en marque (cumul marques Nestlé et Lactalis) dans le cadre de LNUF (Lactalis Nestlé Ultra Frais) société commune avec Nestlé (Lactalis 60%, Nestlé 40% du capital) . Désormais dynamique sur les desserts lactés, Lactalis s’est internationalisé en Europe grâce aux unités de transformation reprises à Nestlé.
-  Sodiaal, groupe coopératif, avec Yoplait dispose de 11% de PDM en France mais occupe la seconde place mondiale grâce à son réseau de franchisés.
-  Senoble, spécialiste des Marques de Distributeurs (MDD), se place en seconde position pour le volume produit . Il s’est internationalisé depuis 2002 avec une usine de 100.000 t/an en Espagne.
-  Novandie, filiale lait du groupe confiturier Andros, marque Mamie Nova et spécialiste des MDD.
-  Maîtres Laitiers du Cotentin, coopérative spécialisée en fromage frais, acteur important en RHD.

Derrière ces acteurs qui représentent environ 90 % des volumes vient le groupe Even, qui peut disposer de la marque Mamie Nova avec Novandie, le groupe 3A qui vend en MDD, les Laiteries H. Triballat marque Rians, Triballat-Noyal ainsi que quelques acteurs régionaux de petite taille.

Dynamique économique et technologique du secteur en France

1-Lait de consommation

La restructuration du secteur est principalement conduite par Sodiaal, le leader avec Candia (plus de 1,5 milliards de litres en 2006), qui a repris au fil des années, la marque Nactalia (2001) et les actifs correspondants d’Eurial-Poitouraine, les actifs industriels et la part de marque Candia appartenant à 3A en lait de consommation (2004), ainsi que les actifs d’Orlait, l’ex-n°3 du secteur spécialiste des MDD, dans le cadre d’un accord qui verra Sodiaal disposer de la majorité du capital en 2010.

Le groupe Lactalis (plus de 1,2 milliards de litres en 2006) progresse rapidement, mais en croissance interne.

Le n°3 du secteur est désormais le GLAC (400 Ml environ en 2006-marque Le Petit Vendéen et spécialiste MDD et Premier Prix), groupe coopératif de Charentes-Poitou, qui a repris les actifs industriels et marques de Toury, spécialiste des laits de montagne en faillite, en 2007.

2-Produits laitiers ultrafrais

Il y a une grande inertie dans le secteur. La valeur ajoutée dégagée permet aux petits acteurs de maintenir ou de consolider leurs positions grâce au développement du marché, même si l’évolution de la consommation est moins forte qu’il y a quelques années .
Le leader français et mondial, Danone, va chercher sa croissance à l’international grâce aux produits-santé, tout en consolidant régulièrement ses positions en France.
Le positionnement de Lactalis en n°2 grâce à son accord avec Nestlé dans la création de LNUF donne à ce groupe des possibilités nouvelles en France et en Europe.

Fiche réalisée par le Bureau du lait, des produits laitiers et de la sélection animale de la Direction Générale des Politiques Agricole, Agroalimentaire et des Territoires .